Le fil d'actualitéLe billet du moisLes visages de la MiséricordeDans l'église

Miséricorde une communion de frères et sœurs qui s’entraident
Jeune hospitalière, en arrivant à Lourdes, je ne sais rien de ce qui m’attend. Aimant Notre Dame de Lourdes, je souhaite être au service des malades, dans ce lieu de Miséricorde.
Comment décrire aussi concrètement que possible ce que je reçois ? Sainte Bernadette, lors des apparitions de Notre Dame de Lourdes, a dit : « Elle me regardait comme une personne ».
Je crois que c’est cette grâce qui se vit à Lourdes. Car, très vite, s’établit le contact de personne à personne, je dirais même – d’âme à âme – et j’oublie littéralement le handicap de la personne malade. Il est merveilleux de constater que, par le simple langage des yeux et du cœur, il est possible de communiquer avec une personne sourde ou avec un handicapé moteur incapable de marcher et de se mouvoir.
La communication est même possible avec des personnes porteuses de handicap mental, car elles ont la faculté de comprendre le langage universel d’un geste d’amour.
Car il s’agit bien de l’Amour. C’est l’Amour miséricordieux qui permet le miracle du bonheur partagé à la fois par les malades et par les bénévoles hospitaliers et hospitalières. Comment expliquer autrement l’élan qui pousse des personnes malades à venir à Lourdes en pèlerinage et à nous faire confiance, à se remettre entre nos mains d’étrangers ainsi que l’élan qui nous attire littéralement vers elles ? Nous vivons des moments uniques de partages, de prière à Notre Dame de Lourdes, à la grotte, de sourires et de rires avec chacun. C’est le visage de l’Amour, le Visage du Christ que nous voyons lorsque nous les regardons. Et il est impossible de résister à l’Amour.
Et puis il y a le service. Découverte du bonheur de se sentir proche de Dieu et de son prochain et de vivre intensément tout le sens de notre vie de chrétien. Bien souvent – je pense que tous les hospitaliers et hospitalières ont fait la même expérience – c’est nous qui sommes les « malades », et ce sont eux qui nous réconfortent. L’exemple de leur croix souvent portée avec patience et espérance nous bouleverse et nous aide, nous qui déprimons si vite pour les petits ennuis du quotidien.
Il n’y a plus alors ni malades ni bien portants. Il n’y a qu’une communion de frères et sœurs qui se rencontrent et s’entraident, qui suivent le même chemin qui mène à Dieu, le même chemin de confiance en Jésus miséricordieux.
Mathilde